











1Le marais de Léhan
À l'origine, le site n'était pas un étang mais une zone d'arrière-plage, probablement une plaine littorale ouverte sur la mer dont le niveau se situait sans doute 4 à 5 mètres plus bas qu'aujourd'hui. Le paysage a été façonné par l'accumulation de sédiments marins et éoliens, formant un cordon dunaire qui, en se refermant progressivement, a piégé les eaux continentales, donnant naissance à cet étang côtier. On trouve dans le sous-sol et jusque sous la plage des dépôts de tourbe, reliques d'anciens environnements humides et boisés, qui confirment ces changements du paysage au fil du temps.
Jusqu'au milieu du XXe siècle, Treffiagat vivait essentiellement de l'agriculture et de la pêche artisanale : le paysage autour de l'étang de Lehan était constitué de champs cultivés et de zones de pâturage pour le bétail tandis que les ressources naturelles du marais (roseaux, gibier) étaient localement exploitées.
Ces dernières décennies, l'étang de Lehan, avec son caractère pittoresque, est devenu un lieu très prisé : le menhir immergé, déjà connu localement, a attiré l'attention des visiteurs et l'urbanisation a progressé, avec la construction de maisons individuelles qui témoignent de l'attrait résidentiel du site.
Depuis plusieurs années, une prise de conscience environnementale a émergé : l'intérêt écologique et ornithologique du marais a conduit à des mesures de protection, le transformant d'un simple point d'eau agricole en un site naturel préservé, aujourd'hui reconnu pour sa biodiversité et son rôle éducatif.
2Un havre pour les oiseaux
Eau libre, roselière, prés salés, prairies... du fait de la diversité de ses milieux, le marais de Lehan est un lieu très accueillant pour les oiseaux, qui peuvent s'y reposer ou s'y alimenter. Avec les autres marais littoraux, c'est un lieu de halte nécessaire pendant leur migration.
Entre les nicheurs, les migrateurs et les hivernants, en une dizaine d'années, ce sont 138 espèces différentes d'oiseaux qui ont été observées sur Lehan, ce qui est remarquable pour une zone humide de taille modeste.
Les abords de l'étang sont régulièrement fréquentés par les oiseaux pêcheurs qui harponnent les poissons d'un coup de bec rapide. Hérons et aigrettes complètent leur menu par d'autres animaux, couleuvres, grenouilles, vers ou crustacés.
3Les limicoles des vasières
Courlis, chevaliers, bécasseaux, vanneaux... autrefois classés dans les échassiers, les limicoles sont des oiseaux qui recherchent leur nourriture sur les vasières qui regorgent de petits vers, crustacés, mollusques ou larves d'insectes.
Suivant la longueur de leur bec, les oiseaux cherchent leurs proies plus ou moins profondément dans le sol.
4Eau douce et milieu salé
Le plan d'eau est aujourd'hui un étang d'eau douce mais les sols du marais ont gardé les traces du temps où l'étang était envahi régulièrement par l'eau de mer. Sur les vases solidifiées s'est développée toute une végétation dominée par les plantes halophiles (qui supportent le sel).
La salicorne est la plante la plus typique de ces vases salées : elle accumule le sel dans ses tissus. Il en existe près d'une dizaine d'espèces en Finistère, très difficiles à différencier. En fin d'été, les plants de salicorne deviennent rougeâtres, changeant la physionomie du marais.
5La roselière
Même si elle n'est pas ici très étendue, la roselière constitue un milieu fermé où le regard ne pénètre pas. Ses habitants vivent ainsi cachés à l'abri des prédateurs, il faut donc guetter le moment où ils se montrent furtivement le long de la rive.